L'AB de St-Imier

L'Action Biblique de Saint-Imier: les étapes d'une construction

Au début du siècle dernier, après avoir passé deux ans à l’Institut Biblique de Glasgow, Hugh Edward Alexander vient en vacances en Suisse, chez sa tante qui habite Genève.
Il y rencontre des chrétiens fidèles qui l’invitent à donner des réunions d’évangélisation dans un camp d’enfants. Le résultat est positif. Il s’ensuit des entretiens avec certains responsables désireux d’annoncer le salut en Jésus-Christ.
Suite à cela, des réunions d’évangélisation sont organisées dans tout le Jura Bernois. Ces réunions remportent un énorme succès (jusqu’à 1'000 personnes se rassemblent dans la halle de gymnastique de Saint-Imier). Cela se passe aux environs de 1913.
En 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, survient l’épidémie de grippe appelée « Grippe espagnole » qui sera plus meurtrière encore que les quatre années de guerre. H. E. Alexander et sa femme contractent cette terrible maladie. Ils sont invités à reprendre des forces au Ried (Bienne), dans la propriété de Mlle J. Robert, membre de la célèbre famille des peintres Robert. Elle met ces lieux à disposition pour y ouvrir une Ecole biblique. C’est à cette époque que H. E. Alexander, dont la renommée s’est répandue loin à la ronde, donne des réunions d’évangélisation dans toute la région.
Suite à ces conférences d’avant-guerre et celles d’après le conflit, un groupe se réunit régulièrement pour étudier la Bible. Ce sont, dans les années 1915-1917, les véritables débuts de ce qui va devenir par la suite « l’Eglise évangélique Action Biblique de Saint-Imier ».

Ce temps de bénédictions provoque des réactions négatives au sein de l’Eglise Réformée. Par la suite, les nouveaux convertis décident de se réunir pour étudier la Bible et progresser dans la foi ; parmi eux, Paul Luthert et Pierre Pfister. Ils se rendent rapidement compte qu’il est nécessaire d’avoir un lieu de rencontre et louent un local à la rue Basse. D’anciens élèves du Ried viennent le dimanche soir et dispensent le message que le Seigneur leur inspire.

Le temps passe, mais l’œuvre (Alliance Biblique) est active. Les premiers missionnaires partent dans différents pays, gagnant leur vie grâce à leur profession. Ils envoient régulièrement des nouvelles à l’Ecole biblique et une circulaire est éditée et envoyée dans les différentes localités où un groupe AB s’est constitué. A Saint-Imier, c’est le vendredi soir que les amis se réunissent pour prier pour ce travail missionnaire.
En principe, une fois par année, les amis de la région se rendent au Jorat (Orvin), propriété de la famille de Paul-André Robert, peintre et naturaliste. On y va en train jusqu’à Frinvillier puis « en avant marche » !
Désormais, c’est au « Roc » (Cologny, Genève), dans les bâtiments de la nouvelle Ecole biblique, qui a vu débarquer les premiers étudiants en 1928, que se donnent les conférences de Pâques. Elles ont été pour beaucoup l’occasion de prendre une décision en réponse à l’appel de Dieu.
Des répétitions de chant sont organisées au Locle, à La Chaux-de-Fonds et à Saint-Imier, sous la direction de l’instituteur Willy Guyot ; souvent le groupe se rend à l’hôpital ou au home pour chanter et annoncer le salut. Des sorties sont organisées jusqu’en France voisine où la guerre a laissé de vilaines traces. Pendant que les uns chantent sur la place publique, d’autres distribuent traités et littérature biblique.
Les années cinquante voient aussi la grande époque du « quatuor », un groupe de quatre anciens élèves de l’Ecole biblique qui évangélisent dans la région. Ils chantent merveilleusement et témoignent de ce que le Seigneur accomplit dans leur vie.  On loue la salle des Rameaux et plusieurs personnes se convertissent.

En 1957, Pierre Chollet de Genève s’établit chez nous durant six mois et prend soin de l’église. Celle-ci fait partie, à l’époque de « l’Œuvre de l’Action Biblique ».

En 1960, Albert Afeltranger vient s’installer à Saint-Imier après une session à l’Ecole Biblique et aide à l’église à côté de son travail professionnel. Lui succédant dès l’année suivante, Daniel Subri travaille en usine durant quelques années, tout en assumant de nombreuses tâches au sein de l’Eglise. Après une session supplémentaire en 1963, il revient, marié, à l’automne 64. Il est responsable des groupes AB de Saint-Imier et Bienne à côté de son travail dans l’industrie. Il sera pasteur à plein temps à Saint-Imier de 1970 à 1975.  Il reprend par la suite la charge de l’église de Moutier.
Au début de la décennie, la petite église avait dû déménager, l’immeuble de la rue Basse n’étant plus disponible. En catastrophe, on a trouvé une salle à la rue de la Malathe, appartenant à la Stadtmission. Celle-ci se réunit le dimanche soir, tandis que l’AB se retrouve le dimanche matin, dans une salle du premier étage. Les contacts sont bons, seule la barrière linguistique empêche une véritable collaboration.
Après la fermeture de l’antenne Stadtmission de Saint-Imier, l’Action Biblique occupe la chapelle du rez-de-chaussée dans laquelle elle restera de nombreuses années.
 
Ce sera ensuite au tour de Joerg Geiser, habitant Bienne avec sa famille, de s’occuper simultanément des églises de Saint-Imier et de Bienne.
Pour les cultes du dimanche, des pasteurs ou frères d’églises sœurs se relaient sur la chaire. Quant à la bonne marche du groupe, ce sont Bertrand Henz et Benjamin Voumard, anciens, qui s’en occupent.

Les petits enfants d’hier deviennent grands et il leur faut des structures adaptées à leur âge. Samuel Hoffer et son épouse Elisabeth prennent donc la responsabilité du groupe JAB Senior (18-25 ans) qui se réunit le samedi soir à la Chaux-de-Fonds, avec les jeunes du Locle et de Saint-Imier. Toute cette jeunesse, cinquantenaire maintenant, leur en est encore infiniment reconnaissante.
Après le départ de Joerg Geiser au début des années 1990 s’ouvre une période plus difficile pour l’église. Privée de pasteur, elle doit s’en remettre à ses anciens, Bertrand Henz et Benjamin Voumard qui prennent les contacts avec les pasteurs AB de la région. Ceux-ci se relaient afin de ne jamais laisser passer un dimanche sans culte à Saint-Imier! Lors de repas en commun, Benjamin Voumard et son épouse Lily préparent les spaghettis et une délicieuse sauce bolognaise pour toute la grande tablée. A côté de cela, ils assument également d’autres tâchent telles que les visites.
Les activités hebdomadaires, comme la réunion de prière et l’étude biblique, continuent d’avoir lieu. De même, le petit groupe JAB se réunit toujours et encore et c’est Claude-Michel Voumard qui s’en charge.
En dépit des recherches infructueuses d’un pasteur à mi-temps, l’église d’une petite trentaine de personnes « tient le coup envers et contre tout ».

C’est au milieu des années 1990 que la situation va changer. Quelques jeunes couples se joignent désormais au groupe, et finalement, après une si longue attente, les prières des membres sont exaucées : le Seigneur appelle en 1996 Claude-Alain et Annie Nuti, qui viennent goûter aux bienfaits de l’air du Jura pour leur premier poste pastoral. Ils se donnent corps et âme à leur tâche, particulièrement au travail parmi les enfants, organisant notamment clubs du vendredi et mini camps. En 2001, l’église emménage dans de nouveaux locaux, plus adaptés à ses besoins (plusieurs groupes d’école du dimanche, groupe JAB, etc.), à la rue Paul-Charmillot.
Enfin, à l’été 2006, Dieu appelle nos amis sous d’autres cieux et c’est de Madagascar que vient la relève. Nirine Jonah et son épouse Anne-Claude avec leurs deux filles prennent dès lors soin de notre église, commençant leurs tâches de couple pastoral dès l’automne. Tous ces changements et transformations réussis témoignent de la fidélité du Seigneur à notre égard !

Actuellement, l’église Action Biblique de notre ville compte une septantaine d’adultes, adolescents et enfants. Anciens et amis nous aident pour la prédication lors des cultes du dimanche et des différentes activités, selon un programme établi régulièrement.

Depuis bientôt un siècle, Dieu s’est souvenu de Saint-Imier. Louons-le et demandons-lui de nous aider à lui rester fidèles !

 

Saint-Imier, janvier 2008, d’après les souvenirs des anciens de Saint-Imier.

Davantage d’informations sur l’ACTION BIBLIQUE en général dans le livre « Contre vents et marées » (éditions MB 1983, ISBN 2-8260-3222-4) et dans « Le Témoin » 1/2007.

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